st-donat randonnees, randonnee pedestre,  restauration, auberge, laurentides, hebergement, vtt, ski, motoneige, villegiature, peche, festival des couleurs, tourisme, chasse, camping, recreotouristique, velo de montagne, sports aquatiques, montagne, paysage saint-donat, bed&breakfast, b&b, bed, breakfast, couette, caf, chambre d'hte, motel, hbergement, dormir, coucher, manger st-donat Laurentides, canada, qubec, voyage, vacances, informations touristiques
st-donat  Accueil ::Les Associations ::La SHÉDO ::Textes choisis 25/7/2008   




Aveugles et voyants

mis en ligne le 12 février 2004

Par Larry Hogdson, paru dans la revue Fleurs Plantes et Jardins Février, 2004

Depuis mon enfance, j'ai toujours été surpris de voir à quel point les gens semblaient ne rien savoir des plantes. Au primaire, on avait eu comme projet de placer dans un cahier d'herborisation des feuilles pressées et de les identifier. Je me suis vite rendu compte que la plupart des enfants et même notre enseignante ne distinguaient pas un pin d'un sapin. Pourtant, il me semble que c'est évident ! J'ai aussi vite découvert que les seules fleurs connues de la plupart des gens sont les pissenlits, les marguerites et les roses.

Aveugles aux plantes

Deux scientifiques américains, James H. Wandersee et Elisabeth E. Schussle, ont publié un article sur ce sujet, dans lequel ils expliquent que la majorité des gens sont totalement indifférents au monde végétal qui les entoure : ils souffrent d'une « déficience visuelle horticole ». Ils remarquent la verdure, le bosquet à gauche et la pelouse à droite, mais seulement si on les y oblige. Quant à réaliser que ces associations végétales sont composées de plantes différentes, oubliez ça. Pour la plupart d'entre eux, un arbre est un arbre, point à la ligne. La différence entre un pin et un sapin leur paraît à la fois subtile et … inutile.

Cette situation est éminemment frustrante pour ceux et celles qui apprécient le monde végétal et y voient une multitude de plantes tout aussi différentes que fascinantes. Inutile de vous extasier sur la floraison de votre hibiscus si vous partagez votre vie avec des « phytoaveugles » : ils trouvent ça à peu près aussi intéressant que le taux de chômage en Slobovie mineure ! Conséquence autrement plus grave de cette phytocécité, selon les auteurs : le peu d'intérêt des gens en général pour l'environnement. Comment faire comprendre aux gens l'importance de préserver une prairie de hautes herbes (elles sont fortement menacées au Canada) quand la majorité la prennnent pour champ abandonné ? Ou une forêt de feuillus vierge avec toute sa biodiversité quand, pour bien des phytoaveugles, une plantation en rangées de pins écossais constitue une forêt ?

Devenons des mentors

Comme remède à ce problème, les auteurs suggèrent d'enseigner la biologie végétale aux enfants dès leur plus jeune âge. J'ajouterais ceci : Quand on demande aux gens passionnés par le jardinage ce qui les a poussés à aimer les plantes, ils mentionnent invariablement un parent qui les a patiemment initiés au jardinage en leur faisant planter un tournesol géant, par exemple, ou cultiver un bulbe d'amarylis. Si on veut vivre sur une planète en santé, il faudrait donc que nous devenions tours des mentors horticoles pour nos enfants, nos petits-enfants, nos jeunes voisins, etc.

Cela dit, il ne faut pas s'attendre à des miracles. Pas à court terme, en tout cas. En effet, à l'adolescence, les jeunes semblent tous passer par une période de phytocécité. Peu importe ce que vous leur avez enseigné, tout disparaît le temps que les hormones se replacent. Prenez mon propre fils. Il avait tout eu pour être phytovoyant : d'innombrables expériences de bouturage et semis, des visites dans certains des plus jolis jardins du monde, etc. Pourtant, quand, à l'âge de 16 ans, je lui ai demandé d'aller chercher du blé d'Inde au jardin, il m'a dit, les yeux ronds : « Ça a l'air de quoi, du blé d'Inde ? » Imaginez : à 6 ans, il cultivait son propre maïs, et, à 16 ans, il ne savait même plus à quoi ça ressemblait !

Mais les choses se replacent avec le temps. Il a maintenant 25 ans et, l'été dernier, il m'a annoncé que sa copine et lui faisaient un potager. Tout l'été, je l'ai entendu se plaindre du chiendent dans ses tomates, de ses carottes qui ne levaient pas, de la marmotte qui mangeait ses haricots… et de sa belle récolte de blé d,inde. Mon fils a retrouvé la vue ! Et je prévois qu'il deviendra peu à peu ausssi fanatique du jardinage que son père. Comme de quoi le naturel revient effectivement au galop. Il suffit de lui ouvrir un tant soit peu la porte. Une graine bien semée…