| Par Sarah Drolet-Laflamme
Âgée de 18 ans, l’auteure est étudiante en sciences humaines
Un texte paru dans La Presse du 17 août 2003
J’ÉCRIS À TOUS les gens qui sont sceptiques face à la vie. J’écris à tous ceux qui rêvent d’une monde pur et sain. J’écris à ceux qui aiment la terre, à ceux qui aiment la vie. Il est difficile de comprendre le comportement des humains, qui est souvent irréfléchi et qui a de lourdes conséquences.
C’est au bord d’un lac que j’ai compris. J’étais en camping avec trois copines à la réserve écologique Mastigouche, près de Joliette. Je me suis assise et j’ai admiré la beauté et la richesse d’un paysage sans pylône électrique, sans civilisation, sans asphalte. J’ai senti que j’étais bien petite de taille et de nombre face à cet immense lac et à la forêt qui m’enveloppait chaleureusement. Je me suis rendue compte que l’on devait tout à la nature, à la terre. Dans ce petit coin de paradis, j’ai pris conscience que je n’étais pas habitante mais bien invitée de la Terre. Une invitée privilégiée. Je me suis sentie chanceuse d’être invitée à admirer ce spectacle unique. Un spectacle qui est joué continuellement et qui passe pourtant souvent inaperçu. La vie m’avait permis, à moi, d’être là. Moi et mon amie Nadine avons observé les étoiles et la vie nocturne. Le silence. Nous étions sidérées ou plutôt émerveillées.
Le monde doit changer. Le monde est en train de changer. J’ai compris qu’on ne doit pas attendre des grandes institutions. Nous sommes des fourmis qui changeons le monde tranquillement par dessous la terre. La terre change, le monde a compris. J’ai ressenti l’urgent désir d’agir et de prendre soin de cette terre et de ce qui l’habite. Ce n’était pas un ordre que j’ai reçu. C’est la reconnaissance naturelle que je dois à la planète. Celle que tout le monde doit également.
Le lendemain, ma copine et moi admirions les grenouilles, les oiseaux. Nous admirions la vie. C’est là que j’ai décidé, au bord de ce lac, que je veux transmettre ma passion pour la terre. Je serai professeur de géographie. Je veux enseigner l’amour de la terre. L’art d’en prendre soin. Donner l’heure juste sur la place de l’homme sur la terre.
Là, sur le bord de ce lac, j’ai senti la vie. C’était intense. C’était vrai. |